BULLETIN D'INFORMATION

Le 7 mars 1997


Le CCRH fait ses recommandations sur les techniques de pêche

(St. John's) -- Le Conseil pour la conservation des ressources halieutiques (CCRH) a rendu public aujourd'hui son rapport au ministre des Pêches et des Océans sur la technologie des engins de pêche. Dans ce rapport, qui s'intitule Technologie des engins de pêche dans l'est du Canada, le Conseil examine les conséquences, en termes de conservation, de l'utilisation de différents engins de pêche du poisson de fond.

Le sous-comité des techniques de pêche du Conseil, que préside M. Trevor Taylor, a été mandaté pour élaborer des principes régissant l'utilisation des différents engins et pour recueillir les avis des intervenants sur ces principes. Le rapport contient des recommandations visant à améliorer en général les pratiques de pêche sur la côte est, ainsi que des recommandations précises par catégories d'engins.

Comme l'a déclaré M. Taylor, « le Conseil a été frappé de constater que, tant du côté de l'industrie que du côté des gestionnaires de la pêche ou de celui des scientifiques, nous n'ayons toujours pas de connaissances empiriques sur l'incidence nette de l'introduction de techniques de pêche nouvelles ou modifiées ». Pour remédier à cette lacune, le Conseil recommande la formation d'un Groupe d'examen des technologies de pêche, qui serait composé de membres de l'industrie, de gestionnaires de la pêche et de scientifiques. Ce groupe se penchera sur les impacts des techniques nouvelles et existantes sur la ressource et l'habitat, ainsi que sur les implications de ces techniques en termes d'évaluation des stocks. « Jusqu'ici, les recherches sur les engins de pêche visaient principalement à accroître le potentiel de capture et l'efficience plutôt qu'à rendre les engins non dommageables pour la ressource », a dit M. Taylor.

Dans son rapport, le Conseil aborde aussi le problème de la surcapacité dans la pêche du poisson de fond. Dans tous les rapports qu'il a diffusés jusqu'ici, le CCRH a pointé du doigt la surcapacité comme obstacle majeur à la pratique d'une pêche durable et au rétablissement des stocks de poisson de fond. M. Taylor a fait remarquer que « le problème de la surcapacité ne se résume pas au seul fait qu'il y a trop de pêcheurs qui capturent trop peu de poisson. La surcapacité a un rapport direct avec la capacité de la flotte de prendre du poisson dans des quantités soutenables pour la ressource -- il s'agit d'un problème d'engins et de bateaux. » Le Conseil est d'avis qu'il faut réglementer la capacité de pêche.

Pour protéger les stocks de poisson de fond, le rapport recommande des stratégies pour chaque type d'engin, y compris la stricte observance des protocoles relatifs aux poissons de petite taille dans toutes les pêches, par tous les types d'engin, et une intensification de la recherche sur des questions comme l'évitement des prises accessoires, le maillage et la prévention de la pêche fantôme par des engins perdus.

« Le CCRH a tâché d'élaborer des principes de conservation relativement à l'utilisation des engins de pêche du poisson de fond,» a déclaré M. Fred Woodman, président du CCRH, « plutôt que de recommander l'interdiction d'un type d'engin donné. Les décisions quant à savoir qui pêche, et avec quel type d'engin, demeurent la responsabilité du ministère des Pêches et des Océans. »

Cela ne fait aucun doute que l'on peut faire quelque chose pour rendre tous les types d'engins moins dommageables pour la ressource. « Selon la façon dont on l'utilise, tout type d'engin peut être destructif - l'ampleur des dommages dépend de différents facteurs, comme la nature de la ressource, son écosystème, la nature du fond marin, le degré d'utilisation de l'engin et sa capacité collective », a dit M. Taylor. « Des intervenants nous ont dit que le problème, ce n'est pas l'engin, mais plutôt le pêcheur qui l'utilise et la façon dont il l'utilise. »

Enfin, le Conseil diffusera au début du printemps sa Stratégie de conservation du poisson de fond; celle-ci comprendra un ensemble complet de recommandations concernant la pêche, qui porteront notamment sur une meilleure connaissance de la ressource, sur l'amélioration de l'évaluation des stocks et sur le besoin toujours présent de changer les comportements chez l'ensemble des intervenants.

Le CCRH a été créé en 1993 afin de former un partenariat entre les experts scientifiques et universitaires et tous les secteurs de l'industrie de la pêche. Ensemble, les membres du Conseil font des recommandations publiques au ministre des Pêches et des Océans sur des questions comme le Total autorisé des captures (TAC) et d'autres mesures de conservation des ressources halieutiques de l'Atlantique. Le Conseil donne aussi son avis sur les priorités de la recherche scientifique et de l'évaluation des stocks.

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Renseignements :
Lisa Tenace
Relations avec la clientèle et le public
Secrétariat du CCRH
(613) 998-1144