COMMUNIQUÉ

27 mai 1999


RECOMMANDATIONS DU CCRH CONCERNANT LES IMPÉRATIFS DE CONSERVATION POUR LA MORUE DU NORD DES DIVISIONS 2J3KL EN 1999

(Ottawa) – Le Conseil pour la conservation des ressources halieutiques (CCRH) a présenté aujourd’hui au ministre des Pêches et des Océans son avis sur les impératifs de conservation pour la morue des divisions 2J3KL.

« Les discussions concernant ce stock ont été difficiles non pas à cause des analyses scientifiques indépendantes supplémentaires qui nous ont été présentées, mais parce que les données disponibles et les méthodes décrites dans le Rapport du MPO sur l’état du stock ne constituent pas une base adéquate pour une évaluation scientifique et pour l‘établissement d’un TAC fixe », a déclaré Fred Woodman, président du CCRH.

Il y a beaucoup d’inconnues au sujet de l’état de ce stock. D’après les données que nous possédons, la morue n’est présente que dans beaucoup moins de la moitié de l’aire de répartition du stock. Toutefois, si l’on se fie aux taux de prises, il y a un nombre important de morues dans certains secteurs. En ce qui a trait au total admissible des captures (TAC) de ce stock, le CCRH a proposé un TAC qui pourra varier entre 6 000 et 9 000 t afin de permettre une pêche commerciale limitée dans les eaux côtières de 3L et 3K. Le CCRH ne peut, du point de vue scientifique, établir un TAC fixe pour ce stock, comme il le fait pour les autres stocks. Les avantages d’une pêche limitée sont évidents; cette pêche nous permettra en effet de recueillir des données sur la répartition de l’espèce, sur les taux de prises et sur la structure par âge.

« La méthode qui a été retenue pour établir le TAC de 1999 est qualifiée par le Conseil de méthode par défaut; cette dernière n’a été utilisée qu’en raison de l’insuffisance de données quantitatives sur la biomasse du stock dans les eaux côtières, situation qui est inacceptable. Le Conseil croit qu’il sera impossible de formuler des recommandations précises concernant le TAC de ce stock tant que nous ne disposerons pas de données quantitatives sur l’abondance de la morue dans les eaux côtières », a indiqué M. Woodman.

Le CCRH sait que sa recommandation concernant l’ouverture d’une pêche commerciale limitée avec un TAC flottant ne répond pas aux attentes des pêcheurs; le Conseil se doit de demeurer prudent tant qu’il n’aura pas les informations nécessaires pour formuler des recommandations plus précises. Compte tenu des antécédents du stock et des sacrifices demandés aux pêcheurs ces dernières années, le Conseil s’est senti obligé d’adopter cette approche.

Vu la rareté des informations concernant les poissons du stock qui vivent dans les eaux côtières, lesquels constituent la plus grande partie de la biomasse du stock, le Conseil recommande par ailleurs que débutent immédiatement des études afin d’évaluer l’abondance de la morue dans les eaux côtières. Le Conseil croit que les prises totales pourraient être sous-estimées puisque les débarquements ne sont pas tous consignés; il suggère de mieux surveiller les débarquements.

Le Conseil recommande de plus que le programme des pêches sentinelles de 2J3KL, qui inclut un programme de marquage dans les divisions 3K et 3L, commence dès que possible et que de nouvelles ressources financières y soient affectées.

Le Conseil formule d’autres recommandations très précises tout aussi importantes que celle sur le TAC; bon nombre de ces recommandations portent sur l’amélioration des données scientifiques pour les évaluations futures. Le Conseil recommande notamment : d’autoriser la pêche côtière dans la baie White, la baie Notre Dame, la baie Bonavista, la baie Trinity, la baie Conception et sur la côte sud; de réduire la pêche au minimum pendant la saison du frai et au sein des populations de reproducteurs ou de poissons prêts à se reproduire ainsi que dans les eaux côtières et de la plate-forme, et de limiter les activités en tout temps; d’interdire la pêche commerciale du poisson de fond et la pêche au filet maillant dans le détroit Smith et la baie Trinity.

Le CCRH reconnaît qu’il est important de rouvrir une pêche côtière pour les petits bateaux à Terre-Neuve pour préserver le savoir-faire des pêcheurs et la structure économique ainsi que pour améliorer les données scientifiques grâce aux rapports sur les prises et aux étiquettes récupérées. M. Woodman souligne que les pêcheurs ont proposé, lors des consultations, la mise en place d’un programme de marquage, « et qu’il ne peut y avoir de programme de marquage sans pêche. »

Malgré les incertitudes qui persistent au sujet de l’état de ce stock, le Conseil passe d’une approche de prévention des risques à une approche de gestion des risques. Il est cependant important que ses recommandations soient acceptées en bloc et que des principes de conservation rigoureux soient appliqués par les pêcheurs.

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Pour renseignements :

 Lisa Tenace
Relations avec la clientèle et le public
Secrétariat du CCRH
(613) 998-1144

La version intégrale du rapport sur la morue de 2J3KL est disponible sur le site Web du Conseil